VERGERS  de clémentiniers © S. Riolacci

Les recherches à San Giuliano

Mis à jour le 28/01/2014
Publié le 15/02/2013
Mots-clés :

Les recherches à San Giuliano : Amélioration de la qualité des agrumes : génétique et création variétale, influence des facteurs du milieu

VERGERS  de clémentiniers © S. Riolacci
VERGERS de clémentiniers © S. Riolacci

L’Inra et le Cirad sur le site de San Giuliano (ex-SRA) conduisent, en collaboration avec l’Université de Corte, des recherches qui visent à améliorer la compétitivité de la filière agrumicole corse.
Du côté Inra, l’objectif scientifique est d’étudier les effets des facteurs environnementaux et génétiques sur la qualité des agrumes, ainsi que leurs interactions, afin de pouvoir proposer aux producteurs des combinaisons porte-greffe/génotypes/itinéraires techniques innovantes. Il est attendu de ces combinaisons innovantes qu’elles permettent aux producteurs de clémentine corse de se démarquer sur le marché par des signes de qualité forts et originaux, comme la teneur en nutriments de type métabolites secondaires (caroténoïdes, polyphénols).
Du côté Cirad, l’objectif est de développer des méthodes innovantes de création/sélection variétales de petits agrumes triploïdes en s’appuyant sur l’acquisition de connaissances sur la génétique et l’expression génomique et phénotypique chez les polyploïdes. L’objectif finalisé est la création de produits nouveaux par leurs qualités organoleptiques et nutritionnelles, exclusifs pour la filière Corse, en assurant par ailleurs une présence plus longue sur les marchés avec la sélection de variétés tardives.     
L’une des originalités du projet des équipes INRA et CIRAD est d’aborder la question scientifique partagée de l’élaboration de la qualité des fruits et de l’innovation variétale en conditions de contraintes environnementales, ce qui lui confère une véritable dimension prospective et la situe clairement dans la thématique du changement global.
En effet, travailler sur l’amélioration de la qualité des agrumes c’est à la fois s’intéresser au fruit, à l’arbre, au verger et à la filière :

  • sur la qualité du fruit, c’est comprendre les processus d'élaboration des différents constituants (sucre, acidité, qualités nutritionnelles, coloration..) pour les maîtriser : localisation des gènes ; physiologie de la plante et influence des pratiques culturales ; interactions entre génétique et milieu (modification et régulation de l’expression des caractères génétiques par les facteurs environnementaux et des stress). Pour acquérir les connaissances en amont il est nécessaire de pouvoir maîtriser les facteurs du milieu tels que température et lumière, ce qui a justifié la construction d’une serre dédiée (projet en cours de réalisation).
  • pour les producteurs, c’est proposer et mettre à disposition des variétés et des porte-greffe adaptés à leurs besoins : création et sélection mais également fournir du matériel végétal sain. Cela impose une gestion de la collection et des parcelles expérimentales avec un contrôle sanitaire régulier et une traçabilité garantissant l’authenticité variétale.
  • pour la filière : l’Inra a dans un premier temps été acteur dans la mise en place de l’IGP (Indication Géographique Protégée) « Clémentine de Corse » à la fois en fournissant les références techniques nécessaires à la définition du cahier des charges issues des travaux de recherche, mais également en contribuant à l’émergence d’une nouvelle organisation collective (mobilisant les compétences du LRDE également). Aujourd’hui, il s’agit de poursuivre les travaux sur l’acidité des fruits dont on observe depuis récemment une décroissance. Or ce critère est un à la fois un élément déterminant du cahier des charges de la définition du produit, car il est à la fois un constituant caractéristique du caractère « acidulé » de la clémentine de Corse, et un facteur de la tenue et de la conservation du fruit. Mieux comprendre l’évolution de l’acidité au cours de la maturation des fruits, c’est se donner les moyens de rechercher les moyens de mieux la maîtriser pour gérer la récolte et plus globalement le volume de production éligible à l’IGP.
  • pour la filière toujours, c’est continuer à être acteur dans des dispositifs d’interface pour mieux anticiper les besoins et mobiliser notre connaissance : avec l’Areflec (Station d’expérimentation régionale), avec l’Aprodec (ODG association de producteurs gestionnaire de l’IGP), avec le lycée Agricole de Borgo pour l’élaboration d’outils pédagogiques dans le domaine de l’agrumicuture, avec plus récemment notre participation en tant que membre fondateur de Corsic’Agrôle (plate-forme d’innovation et de transfert technologique dans les filières agro-viticoles.